MosJan Posted November 28, 2003 Report Share Posted November 28, 2003 QUEBEC CANADIAN STATE DECLARED APRIL 24 ARMENIAN GENOCIDE VICTIMS COMMEMORATION DAY- November 27, 2003 16:59 /PanARMENIAN.Net/ The National Assembly of Quebec Canadian state the other day passed a bill declaring April 24 the Commemoration Day of the victims of the Armenian Genocide in Ottoman Turkey in 1915. As reported by the Quebec National Assembly, the bill specifically notes that since 1980 the National Assembly of Quebec has supported holding measures devoted to the Armenian Genocide, "Arminfo" agency reported. Quebeckers have always denounced intolerance and ethnic persecution, the document says. Reproduction in full or in part is prohibited without reference to "PanARMENIAN.Net" Quote Link to comment Share on other sites More sharing options...
gamavor Posted November 28, 2003 Report Share Posted November 28, 2003 Very good news! Did they say the 'best turk is the dead turk'? Quote Link to comment Share on other sites More sharing options...
vava Posted November 28, 2003 Report Share Posted November 28, 2003 Nope, that would go against the 'denoucing intolerance and ethnic persecution' part of the statement Quote Link to comment Share on other sites More sharing options...
DominO123 Posted November 28, 2003 Report Share Posted November 28, 2003 Another PanARMENIAN fake news. First of all Quebec is not a Canadian state, it is a Province, second of all, Quebec already recognises the genocide for nearly 20 years, and that 24 april, it is consecutivally refered as the Armenian Genocide. The Bloc Quebecois which represent Quebec in the Canadian government each 24 April remember to the Canadian government and ask when will the Armenian genocide be recognised as what it is. Ah, and it wasn't a bill, what we "call" here bill in the Provincial government has not the real same definition as what a bill is in the US. Quebec already recognises the genocide, and there has been many documents presented previously. This is just another remembering document if any there was as refered by Panlie news. PanArmenian is a shame, I have been refering in the past of many of their lie news, one for example was that an American specialist has found from US archives evidences about Hitler statment about the Armenians, I have contacted the specialist in question, and he denied what was reported in PanArmenian. There has been many cases like that. This news source should be closed, its credibility is as non-existing as Turkish daily news. Quote Link to comment Share on other sites More sharing options...
DominO123 Posted November 28, 2003 Report Share Posted November 28, 2003 (edited) Hmmm... Sound that the Law principle N. 194 was voted afterall, I ignored that.. hmmm... Projet de loi n° 194 Adoption du principe La Vice-Présidente: Merci, M. le leader. Alors, à l'article 30, M. le député de l'Acadie propose l'adoption du principe du projet de loi n° 194, Loi proclamant le Jour commémoratif du génocide arménien. Alors, je reconnais immédiatement le député de l'Acadie. M. Yvan Bordeleau M. Bordeleau: Merci, Mme la Présidente. Alors, c'est avec beaucoup de fierté que je suis témoin aujourd'hui de l'adoption du principe du projet de loi n° 194, Loi proclamant le Jour commémoratif du génocide arménien. Ce projet de loi très court revêt une signification très spéciale pour nos concitoyens d'origine arménienne et pour tous leurs amis québécois qui, au fil des ans, ont partagé la tristesse et la mémoire des personnes disparues lors des événements d'avril 1915. Permettez-moi, Mme la Présidente, pour le bénéfice de nos auditeurs, de faire la lecture de ce court projet de loi. Alors: «Considérant que, depuis 1980, l'Assemblée nationale du Québec a accordé son appui unanime à toutes les motions de commémoration du génocide arménien; «Considérant que, sur le plan international, plusieurs pays ont, de diverses façons, reconnu au cours des dernières années l'existence du génocide arménien; «Considérant la présence au Québec d'une communauté arménienne formée de plus de 20 000 concitoyens; «Considérant que nos concitoyens d'origine arménienne tiennent profondément à perpétuer la mémoire des personnes disparues; «Considérant la volonté des Québécois, maintes fois affirmée à l'Assemblée nationale du Québec, de partager avec leurs concitoyens d'origine arménienne le souvenir de ces événements tragiques de 1915; «Considérant que les Québécois ont toujours refusé, en conformité avec nos valeurs de société, l'intolérance et l'exclusion ethnique; «Le Parlement du Québec décrète ce qui suit: «Le 24 avril est proclamé Jour commémoratif du génocide arménien.» Alors, depuis maintenant, Mme la Présidente, plus de 23 ans, le 24 avril, les parlementaires du Québec adoptent à l'unanimité des motions de commémoration du génocide arménien et partagent le souvenir et la douleur associés à ce drame avec tous nos amis de la communauté arménienne. Je suis heureux que nous rappelions aujourd'hui, avec constance et persévérance, l'existence du génocide arménien, et ce, dans le cadre de la présentation du projet de loi n° 194, qui a pour objectif de rendre officielle l'existence du Jour commémoratif du génocide arménien le 24 avril de chaque année. Nous sommes tous très conscients de l'histoire tragique du peuple arménien et des énergies déployées par cette communauté disséminée à travers le monde pour conserver éveillé à la conscience de tous les peuples le souvenir de ces événements tragiques et inadmissibles. Mme la Présidente, rappelons en quelques mots ce qu'est le génocide arménien. En 1908, une coalition dirigée par les Jeunes-Turcs prit le pouvoir et établit une nouvelle constitution. Quelques années plus tard, le gouvernement décida qu'il était nécessaire de maintenir à tout prix la supériorité de l'élément turc, ce qui signifiait de façon claire et explicite la suppression du peuple arménien. C'est ainsi que, dès 1915, un plan fut établi essentiellement pour éliminer le peuple arménien. De 1915 à 1923, plus de 1,5 million d'Arméniens, hommes, femmes et enfants furent déportés de force. La plupart d'entre eux furent massacrés, d'autres conduits dans le désert pour y être abandonnés et périr. Quand on considère que la population arménienne, à cette époque, totalisait un peu plus de 2 millions d'habitants, c'est dire que le peuple arménien fut pratiquement anéanti de façon planifiée et délibérée. Ces actes n'eurent de cesse que lorsque le peuple arménien fut à toutes fins pratiques presque entièrement anéanti et que le territoire de ce qui constituait l'Arménie soit envahi et dévasté par ses ennemis. De toute évidence, l'objectif ultime visait à rayer définitivement toute trace arménienne de l'histoire de notre civilisation. Malheureusement, la mention de ces chiffres épouvantables ne traduira jamais le désespoir qu'ont pu vivre ces Arméniens, hommes, femmes et enfants. C'est pourquoi nous tenons, à tout le moins, à remémorer ces événements afin d'en tirer des leçons pour l'avenir de l'humanité. Il est bien évident que l'impact de ce premier génocide du XXe siècle a été dévastateur pour la communauté arménienne. En plus d'éliminer la majeure partie de cette communauté, les responsables politiques ont dépouillé la terre arménienne de ses habitants natifs et ont mis fin brutalement à trois millénaires de présence et de culture arménienne continues dans les plaines du mont Ararat. n (16 h 10) n Si nous n'étions pas vigilants, Mme la Présidente, par notre silence ou notre apathie, nous cautionnerions les horreurs du passé avec les risques que ces excès puissent se reproduire. Malheureusement, nous assistons toujours à des actions intolérables qui attentent à la vie et à la dignité humaines, ce qui nous donne à penser que les progrès de l'humanité, quand on pense ici à la recherche, à l'évolution des sociétés, à la technologie, au lieu de contribuer à rendre notre monde meilleur, contribuent souvent au contraire à perpétuer les guerres de pouvoir, à donner à l'homme des pouvoirs qui affectent sa raison et son discernement en le privant de sa capacité de compassion à l'endroit de ses semblables. Nous ne pouvons rester indifférents à la vue de la terreur et de la violence qui sont, dans de nombreux pays, le lot quotidien de familles entières qui voient leur maison détruite sous leurs yeux et leurs proches tués de façon presque démente. Chaque jour, la télévision nous transmet en direct, Mme la Présidente, ces images d'horreur. Force nous est donc d'admettre que beaucoup reste à faire pour que notre monde connaisse enfin la prépondérance et le respect de la dignité humaine de même que la paix. Ce premier génocide du XXe siècle n'a malheureusement pas reçu toute la reconnaissance que les dirigeants internationaux auraient dû lui accorder. Cependant, il est important de souligner que ce massacre a eu des échos très rapides au Québec même. En effet, le 26 avril 1915, soit trois jours à peine après le début du massacre, le journal La Presse titrait Les Arméniens sont massacrés. Deux jours plus tard, le 28 avril 1915, le même journal publiait un éditorial exigeant que cesse le massacre des Arméniens. Bien que peu de journaux du temps peuvent se vanter d'avoir réagi aussi rapidement aux événements qui se passaient à ce moment-là dans une partie lointaine du monde, et ce, malgré l'état de guerre et les difficultés de communication de l'époque, le Québec a été, en Amérique du Nord, un des premiers Parlements à reconnaître le génocide arménien avant même que le Tribunal permanent des peuples reconnaisse, en avril 1984, l'existence du génocide des Arméniens. En effet, lors d'une session tenue à la Sorbonne, du 13 au 16 avril 1984, le Tribunal permanent des peuples reconnaissait, après trois jours de délibérations, d'auditions et de témoignages de survivants, les faits invoqués à l'appui de la reconnaissance du génocide arménien. C'est donc tout à l'honneur du Québec que notre Assemblée nationale, avant même que de tels organismes internationaux ne se soient prononcés, ait reconnu l'existence de ce génocide et ait agi en solidarité avec la communauté arménienne du Québec afin de faire en sorte que ces événements tragiques de 1915 soient officiellement reconnus par un nombre de plus en plus grand de pays et d'organismes internationaux. Si le peuple arménien n'oublie pas cette tragédie et s'il est aussi fidèle à ses traditions, c'est que tous ses membres partagent solidairement et profondément le destin de ce peuple marqué par la douleur. Ce qui unit tous les Arméniens de la diaspora, c'est le fait que l'amour de la nation est un devoir sacré et non pas quelque chose d'abstrait ou de secondaire. Dans un esprit de solidarité, Mme la Présidente, avec tous nos compatriotes d'origine arménienne, nous avons tous, chacun de nous, élus à l'Assemblée nationale du Québec, le devoir de garder à la mémoire de tous nos concitoyens l'existence de ce génocide survenu en avril 1915 afin d'en tirer les leçons qui s'imposent pour la vérité historique, mais aussi pour l'avenir de l'humanité. Le moment est indiscutablement venu d'officialiser cette Journée afin de légitimer la mémoire des victimes et de le faire comme il se doit, en toute simplicité et humilité, dans le respect et la dignité qui ont toujours caractérisé la position unanime adoptée sur cette question par l'Assemblée nationale du Québec. En conclusion, Mme la Présidente, je voudrais rappeler le message transmis par M. Pierre Vidal-Naquet lors de la tenue de la session du Tribunal des peuples. Celui-ci mentionnait que la vérité a besoin de traces et déplorait le fait que les témoignages meurent avec la disparition des témoins, avec l'oubli, avec la lente usure du temps. Il disait précisément: «L'histoire est un cimetière de cultures mortes, un livre fermé plein de massacres oubliés.» M. Vidal-Naquet ajoutait également: «Le fait que le peuple arménien se souvienne constitue une victoire sur la mort.» Merci, Mme la Présidente. La Vice-Présidente: Merci, M. le député. Le député de l'Acadie qui est également l'adjoint parlementaire à la ministre des Relations internationales et de la Francophonie. Je reconnais immédiatement le député de Mercier, qui est le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'affaires intergouvernementales canadiennes. M. Daniel Turp M. Turp: Merci. Le 24 avril de chaque année, depuis 20 ans, l'Assemblée nationale adopte à l'unanimité une motion commémorant le génocide arménien. Il est maintenant, Mme la Présidente, temps d'aller plus loin par l'adoption d'un projet de loi qui fera du 24 avril de chaque année le Jour commémoratif du génocide arménien. L'opposition officielle offrira donc toute sa collaboration au gouvernement pour ce faire et veut aujourd'hui saluer l'effort et la persévérance du député de l'Acadie, souligner également l'apport de l'ancienne députée de Crémazie, Manon Blanchet, et celui des membres de cette Assemblée qui, durant les 20 dernières années, ont exercé, au nom de la nation québécoise, ce devoir de mémoire, celui de rappeler que le peuple arménien a subi, au début du siècle dernier, un génocide. L'unanimité de cette Assemblée, des députés du parti gouvernemental et de l'opposition officielle, de même que, je l'espère, des voix des députés indépendants, démontrera la primauté, toute la primauté qui doit être accordée au respect fondamental de la personne humaine, et cela, au-dessus de tout calcul politique et même davantage au-dessus de tout intérêt économique. Aujourd'hui, ce sont d'ailleurs plus de 20 000 citoyens et citoyennes d'origine arménienne vivant au Québec qui nous écoutent, qui apprécieront le geste solennel que pose cette Assemblée et qui contribuent, depuis leur arrivée en cette terre du Québec, de façon active à son essor économique et à son développement social et culturel. Certains d'ailleurs de ces citoyens et de ces citoyennes d'origine arménienne ont vécu ce génocide et tiennent, comme ils le font de façon régulière, à perpétuer la mémoire de ce génocide et des personnes qui sont disparues. Des personnes qui sont disparues... Un génocide d'ailleurs qui a été si bien présenté dans le film d'Atom Egoyan, dans le film Ararat, que nous avons d'ailleurs eu l'occasion de voir il y a quelques semaines à la télévision et dans lequel d'ailleurs cette actrice québécoise, Marie-Josée Croze, récipiendaire récemment du prix d'interprétation féminine à Cannes, prêtait son talent. Il y a aussi, comme on le voyait dans ce film d'Egoyan, de jeunes citoyens arméniens, ici et là dans le monde, qui reprennent le flambeau des revendications de justice et d'équité en la mémoire de ceux et celles qui ont été sacrifiés simplement parce qu'ils étaient arméniens ou ils étaient arméniennes. Les Québécoises et les Québécois de toutes origines sont ainsi invités à partager avec eux et avec elles le souvenir douloureux de ces éléments. n (16 h 20) n Mme la Présidente, nous ne pouvons pas rester indifférents à la vue de la terreur et de la violence qui sont encore aujourd'hui dans de nombreux pays. Et il faut rappeler que le génocide n'est pas seulement l'affaire du XXe siècle et des siècles qui ont précédé. Le Rwanda et des membres du peuple du Rwanda ont aussi été victimes de génocide à la toute fin du XXe siècle, comme les Arméniens et les Arméniennes l'avaient été au début du XXe siècle. Cette violence est le lot quotidien de familles entières qui ont vu, pour ce qui est des Arméniens et des Arméniennes, vu leurs maisons détruites sous leurs yeux et leurs proches tués de façon presque démente. Chaque jour, encore aujourd'hui, en ce début de XXIe siècle, la télévision nous transmet en direct des images d'horreur, et force est d'admettre que beaucoup reste encore à faire pour que notre communauté internationale connaisse enfin la primauté du droit et le respect de la dignité humaine, de même que la paix. Mme la Présidente, rares sont encore aujourd'hui les Parlements qui ont adopté des lois ou des résolutions reconnaissant le génocide commis en 1915 à l'encontre du peuple arménien. Le Parlement français, à la fois l'Assemblée nationale et le Sénat, ont eu le courage, malgré les pressions de certaines autorités, d'adopter une loi reconnaissant l'existence du génocide arménien. C'est également le cas du Parlement européen, qui a eu aussi le courage des convictions de ses membres et qui a voulu exercer ce devoir de mémoire que notre Assemblée nationale va aussi exercer au nom des Québécois. Reconnaître l'existence d'un génocide s'impose, s'impose à tous et à toutes, s'impose à nous, membres de l'Assemblée nationale, car un tel crime, un tel crime imprescriptible, comme le veut d'ailleurs la Convention des Nations unies sur l'imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ― le crime de génocide étant d'ailleurs consacré comme un crime contre l'humanité... bien, reconnaître l'existence d'un tel génocide interpelle l'humanité dans son ensemble. Nier son existence serait une insulte à la mémoire des victimes. Elle banaliserait l'horreur et falsifierait l'histoire. Les travaux des historiens sont d'ailleurs convergents pour considérer que les Arméniens ont été assassinés en masse, l'appréciation du nombre de victimes variant, étant inhérente aux circonstances de ce drame qui ne remet pas en cause l'existence même du génocide, du fait que des hommes, et des femmes, et des enfants ont été assassinés parce qu'ils étaient Arméniens et Arméniennes. Tous les témoins de l'époque, les diplomates, les militaires, les personnes civiles ont attesté de l'intention délibérée du gouvernement de Constantinople, et tous les documents ultérieurs ont confirmé l'intention sur la base de laquelle l'on évalue l'existence d'un génocide, de sorte que les faits ne peuvent faire l'objet de controverse. Il faut que nous soyons tous et toutes sensibilisés à l'existence de ce génocide et que nous réaffirmions, par la loi que nous voulons adopter en cette Assemblée, notre refus de l'intolérance, notre refus de l'exclusion ethnique, notre refus de cette idée qu'il faut exterminer des peuples. Si le mouvement explicite de suppression du peuple arménien prenait naissance en 1908, l'inadmissible campagne pour le génocide ne s'est officialisée que le 24 avril 1915, alors que des notables religieux, politiques et intellectuels étaient arrêtés et assassinés à Constantinople. Comme vous le savez sans doute ― et, si ce n'est pas le cas, il est bon de le dire et de le rappeler ici: plus de 1,5 million de citoyens et citoyennes arméniens, des hommes, des femmes, des enfants, ont été exterminés de 1915 à 1917. Ce génocide provoquant aussi la fuite de 500 000 Arméniens et Arméniennes partout dans le monde est à l'origine d'une diaspora, et une diaspora dont nous savons ici qu'elle nous a amené des Arméniens et des Arméniennes qui enrichissent la société québécoise. Et je peux d'ailleurs dire, de cette expérience de professeur, qu'il y a eu, dans mes salles de cours à l'Université de Montréal et à la Faculté de droit, de jeunes Arméniens et de jeunes Arméniennes dont nous pouvons être fiers et qui ont adopté le Québec, qui sont Québécois et Québécoises et fiers de l'être, tout en étant fiers d'être d'origine arménienne. Était-il nécessaire de rappeler que nous ne pouvons pas demeurer indifférents envers ce qu'ont vécu les Arméniens au début du siècle dernier? Car les conséquences de l'indifférence ― qui seraient celles de notre indifférence ― pourraient être tragiques, aussi tragiques que le génocide lui-même. Je rappellerai que l'indifférence envers le génocide arménien a servi de prétexte à l'auteur d'un autre génocide, Adolf Hitler, pour lancer en 1939 sa propre campagne d'épuration ethnique et de génocide à l'endroit de la communauté juive. L'histoire raconte d'ailleurs que, pour se justifier et renforcer la poursuite de ses objectifs inacceptables, Hitler posait avec cynisme la question suivante: Qui se souvient du génocide arménien? Et s'ensuivit la mort atroce de plus de 6 millions de Juifs au cours de la Seconde Guerre mondiale. Mme la Présidente, malheureusement, des guerres et des répressions ont encore lieu au vu et au su de l'humanité entière, et nous sommes trop souvent impuissants à régler ces conflits, et nous constatons les conséquences de ces conflits qui ne se traduisent que par le désespoir. Il nous faut donc continuer sans relâche ici même, dans notre Assemblée nationale, à dénoncer la cruauté, à dénoncer la guerre, à dénoncer les violations des droits fondamentaux, quelles que soient les frontières, quels que soient les gouvernements et en dépit des pressions des uns et des autres qui voudraient faire passer des calculs politiques et des intérêts économiques avant le respect des droits fondamentaux de la personne humaine. Et, dans toute société démocratique comme celle du Québec, il est important de rappeler les valeurs profondes qui nous gouvernent, notamment l'ouverture, le pluralisme et l'idée que l'on retrouve dans la Charte des Nations unies, celle du règlement pacifique des différends internationaux. Et c'est dans ce contexte que l'Assemblée nationale du Québec est appelée aujourd'hui à exprimer à tous les Arméniens et à toutes les Arméniennes, et en particulier à celles du Québec, la sympathie et la solidarité de notre Assemblée nationale, des élus du peuple du Québec. Ainsi que le chantait Charles Aznavour, l'un des grands et dignes représentants de l'Arménie, dans sa chanson Pour toi Arménie, je le cite: «Le monde s'est levé; «Le monde est avec toi; «Pour toi peuple oublié; «Il a ouvert son coeur; «Il a tendu les bras.» Mme la Présidente, le moment est indiscutablement venu d'officialiser cette journée afin de légitimer la mémoire historique et de le faire comme il se doit, en toute simplicité et humilité, dans le respect et la dignité qui ont toujours caractérisé la position unanime de l'Assemblée nationale du Québec sur les événements d'avril 1915. L'opposition officielle est fière et je suis fier, en tant que député de Mercier, de dire en cette Assemblée qu'elle adoptera et qu'elle votera en faveur de l'adoption de principe du projet de loi n° 194. Merci. La Vice-Présidente: Alors, toujours sur ce projet de loi ― le projet de loi n° 194 ― je reconnais le député des Chutes-de-la-Chaudière. M. le député. M. Marc Picard M. Picard: Mme la Présidente, dans le cadre de l'adoption de principe de ce projet de loi, j'aimerais d'abord vous faire part que nous, à l'Action démocratique du Québec, allons appuyer ce projet de loi ayant pour but la commémoration du génocide arménien. Nous croyons en effet que nous nous devons, comme société, de nous souvenir de ces actes atroces commis au début du XXe siècle envers les Arméniens et les Arméniennes. D'ailleurs, l'Assemblée nationale souligne à chaque année ce triste événement, depuis 1980. n (16 h 30) n Par ce projet de loi, nous nous assurons qu'une journée, soit le 24 avril de chaque année, soit le moment de l'année où tous et chacun pourront se souvenir et joindre notre passé non seulement aux 20 000 Québécois et Québécoises d'origine arménienne, mais aussi à l'ensemble du peuple arménien. Pour terminer, M. le Président, la route aura été longue pour que le Québec se dote d'une telle journée, mais je crois que ce geste nous permet de réaffirmer à présent notre vive opposition à l'exclusion ethnique et l'intolérance envers des peuples. Merci. Le Vice-Président (M. Sirros): Je vous remercie, M. le député. La parole est maintenant à la députée de Fabre et ministre des Relations avec les citoyens et de l'Immigration. Mme la ministre. Mme Michelle Courchesne Mme Courchesne: Merci, M. le Président. Je suis particulièrement touchée, cet après-midi, de pouvoir joindre ma voix à celles de mes collègues pour souligner ce projet de loi important qui nous permettra de commémorer le génocide arménien. Permettez-moi, juste avant, de joindre ma voix aussi pour remercier notre collègue député de l'Acadie de même que l'ex-député de Crémazie pour avoir démontré autant de ténacité et de détermination. Vous savez, comme nouvel élu, on se demande parfois pourquoi il y a autant de jours commémoratifs à l'Assemblée nationale, on se demande pourquoi on dépose ces projets de loi qui nous permettent de se rappeler. Et, personnellement, je vous dirai que c'est dans cette fonction de député ici, à l'Assemblée nationale, que ces journées prennent tout leur sens dans notre rôle de député. On l'oublie. La population n'est pas très consciente de ce rôle que nous avons de nous rappeler nous-mêmes et de permettre aux autres de se rappeler. Je trouve que ça fait appel à des valeurs très profondes de notre démocratie, et, pour moi, c'est vraiment le sens du rôle d'un député. Et je vous dirais que, dans le cas du génocide arménien, dorénavant, nous allons nous souvenir. Nous allons nous souvenir pour nous permettre d'accéder à une société meilleure et, je vous dirais, pour permettre de construire une société meilleure ici même, au Québec. Bien sûr, la communauté arménienne nous rappelle l'importance de souligner ce qu'ils ont vécu, de se rappeler de l'immensité des souffrances auxquelles ils ont passé à travers. Aujourd'hui, dans nos comtés, nous retrouvons les fils, les filles, les petits-enfants et les petits-petits-enfants, nous retrouvons des générations bien lointaines de ce génocide. Mais, nous le savons, nous les fréquentons, nous savons que cette souffrance que leurs ancêtres ou les générations précédentes ont vécue les ont façonnés, leur ont donné ce courage de venir chez nous, leur ont donné cette valeur d'unité, cette valeur, moi, je dirais familiale, parce que les membres de la communauté arménienne ont une notion de la famille très profonde, et ils sont arrivés ici avec ce bagage d'expérience. Et, moi, aujourd'hui, si je prends la parole devant vous, c'est pour que nous puissions ensemble mieux comprendre tous ceux et celles, que ce soient des Arméniens, des Rwandais, des Colombiens, des Algériens, peu importe l'origine, que nous... quand nous les rencontrons, que ce soit sur la rue, dans une réunion de travail, à l'épicerie, à la pharmacie, quand on les voit, arrêtons-nous quelques secondes pour essayer d'imaginer et de comprendre ce à travers quoi plusieurs d'entre eux ont dû traverser avant de prendre la décision la plus difficile de leur vie, celle de venir s'installer ici. Je trouve qu'on l'oublie trop. Et ça changerait beaucoup notre perception des représentants qui arrivent ou de ces Québécois, Québécoises qui ont tant à nous offrir. Si nous connaissions mieux ce à travers quoi ils ont passé, moi, je pense que nous leur ferions beaucoup plus rapidement une bien plus grande place au sein de notre société. Et c'est dans ce sens que se souvenir prend un sens beaucoup plus grand en cette Assemblée nationale, puisque nous avons cette responsabilité de les inclure à notre société, nous avons cette responsabilité de leur permettre de jouer ce rôle de citoyens et de citoyennes au sein du Québec, nous avons cette responsabilité de leur permettre de réaliser non seulement leurs rêves et leurs aspirations, mais de pouvoir être Québécois et Québécoises à part entière. Alors, bien sûr que ce projet de loi ne porte pas jugement et ne porte pas ombrage à d'autres communautés. Ce projet de loi rappelle un moment douloureux de l'histoire de l'humanité et que, dans ce sens, on doit aussi tendre la main, on doit aussi ouvrir les bras à ceux et celles qui ont aussi fait le choix, participant antérieurement à ce génocide, mais qui ont fait le choix aussi de s'investir avec nous dans l'essor du Québec. Et je dirai très chaleureusement à ceux qui sont bien sûr dans la région de Laval ― vous me le permettrez, il y a une communauté importante arménienne ― que non seulement ils sont pour nous un exemple de courage et de solidarité, mais ils sont d'abord aussi un exemple de fraternité. Et ce que, en tant que ministre des Relations avec les citoyens et de l'Immigration, je voudrais dire à toutes les communautés présentes, il y en a plus de 120 maintenant au Québec, de dire que se souvenir veut dire pour nous, Québécois et Québécoises, de mieux partager avec eux et avec elles l'avenir du Québec. Merci. Le Vice-Président (M. Sirros): Merci, Mme la ministre. Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve. Mme Louise Harel Mme Harel: Alors, merci, M. le Président. Je me réjouis, M. le Président, d'être des vôtres à cette Assemblée, cet après-midi, pour ajouter ma voix à celles du député de l'Acadie et du député de Mercier ainsi que Mme la députée de Fabre et ministre des Relations avec les citoyens et de l'Immigration sur le projet de loi proclamant le Jour commémoratif du génocide arménien. M. le Président, la vie est ainsi faite parfois que nous nous trouvons à être interpellés par un certain nombre de questions qui suscitent notre intérêt, et ce fut le cas, dans mon cas, avec la problématique vécue par la communauté arménienne à l'égard de son passé. Je me réjouis particulièrement de l'adoption à l'unanimité de l'Assemblée nationale de ce projet de loi parce que je crois que la communauté arménienne, montréalaise et québécoise, que j'ai eu souvent l'occasion de rencontrer et de côtoyer, va se sentir encore plus pleinement Québécoises et Québécois parce qu'ils sauront que nous partageons avec eux et elles, que nous partageons cette terrible épreuve de leur passé. Quand je dis que j'ai eu l'occasion de côtoyer plusieurs d'entre eux, cela fut à titre de présidente de l'Assemblée nationale, lorsque j'ai reçu ici, à l'Assemblée, les porte-parole de la communauté arménienne une première fois, mais aussi lorsque, à l'occasion du Mois de la tolérance, en avril dernier, j'ai aussi reçu les dirigeants de la communauté arménienne ici même, à l'Assemblée nationale. Mais, précédemment, il faut vous dire que j'ai eu l'occasion de voyager en voyage privé dans ce qui était auparavant l'Arménie, l'Arménie historique, c'est-à-dire Diyarbakir, la grande ville de 1 million d'habitants actuelle, qui, en quelque part, était la capitale de l'Arménie historique, et également Van, n'est-ce pas, avec le lac Van, sur lequel on retrouve des milliers d'îles où sont érigées des chapelles et des églises qui témoignent encore de la présence arménienne, et puis aussi à Jérusalem, où j'ai eu l'occasion longuement de visiter le quartier arménien et en particulier le Musée de l'histoire arménienne. n (16 h 40) n Et, M. le Président, je dois vous dire que je me réjouis, cet après-midi, qu'enfin nous puissions adopter ce projet de loi. J'ai beaucoup apprécié l'intervention du député de l'Acadie, également celle du député de Mercier. Je sais que le député de l'Acadie de même que notre ex-collègue de Crémazie avaient travaillé de concert à la présentation d'un projet de loi, qui est mort au feuilleton, et je me félicite que ce projet de loi ait été à nouveau présenté ici même, à cette Assemblée, d'autant plus que je crois que la communauté arménienne partage avec nous la même devise, Je me souviens, et qu'ils expriment la même fidélité à leurs origines. Et je crois qu'il y a là une question assez fondamentale de devoir de mémoire, bien évidemment, mais aussi de légitimiser ce devoir de mémoire. On est dans une époque d'instantanéité, où finalement le présent seul semble compter, alors que ces gestes que l'on pose ici même, à l'Assemblée nationale, ils sont importants parce que ce sont des jalons. Et je sais bien que cela peut parfois sembler lourd, mais aussi je crois qu'on a un devoir de mémoire, quand ce ne serait que pour les générations, qui ont à se faire rappeler les épreuves du passé pour que cela puisse inspirer justement les décisions à prendre dans l'avenir. Je crois, M. le Président, que le peuple québécois est extrêmement pacifique. On l'a vu et démontré il y a quelques mois, quelques mois à peine, au printemps dernier, lorsque des centaines de milliers de Québécois et de Montréalais se sont retrouvés, par des froids sibériens... J'étais moi-même à une des manifestations, à moins 15 sous zéro, moins 25, la deuxième. Et je crois que cela le démontrait hors de tout doute, puisque cela fut sans doute parmi les plus grands rassemblements, en proportion de la population, que les pays occidentaux ont connus. Et je crois que cette occasion qui nous est donnée de commémorer des événements extrêmement douloureux... ces occasions ont comme objectif premier justement de les rappeler à la mémoire non seulement de ceux et celles qui siègent maintenant à cette Assemblée, mais aussi des générations qui suivront. Alors, voilà, M. le Président, c'étaient quelques mots pour me réjouir, d'une certaine façon, même si c'est un événement qui est douloureux, mais en même temps me réjouir de cette solidarité que l'on exprime aujourd'hui. Merci. Le Vice-Président (M. Sirros): Merci beaucoup, Mme la députée. M. le député de l'Acadie, pour votre droit de réplique. M. le député de l'Acadie. M. Yvan Bordeleau (réplique) M. Bordeleau: Oui, merci, M. le Président. Seulement quelques minutes, d'abord pour remercier très sincèrement mes collègues de l'Assemblée nationale pour leur appui au projet de loi n° 194 et je voudrais remercier évidemment le député de Mercier, le député de Chutes-de-la-Chaudière, qui est intervenu au nom des députés indépendants, de même que ma collègue députée de Fabre et ministre des Relations avec les citoyens et de l'Immigration et notre collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. Je suis également très certain, M. le Président, que d'autres collègues de l'Assemblée nationale sont extrêmement heureux de voir ce qui se passe aujourd'hui. Et je pense à vous d'abord, M. le Président, qui êtes le député de Laurier-Dorion, je sais qu'on a eu l'occasion à plusieurs reprises de discuter de ce projet de loi, également à mon collègue le député de D'Arcy-McGee et le leader du gouvernement, mon collègue député de Saint-Laurent, qui partage aussi une bonne partie de la communauté arménienne sur son territoire. Alors, ces personnes-là sont évidemment, je pense, très heureuses de constater aujourd'hui qu'on procède à l'adoption du principe du projet de loi n° 194. Je dois vous dire aussi, en écoutant les interventions, que la communauté arménienne doit être très heureuse de constater l'unanimité qui existe aujourd'hui autour du projet de loi n° 194. C'est un projet de loi, on le sait tous, qui a une signification très importante, très... c'est très sensible chez eux. Quand on connaît l'histoire de l'Arménie, évidemment, on est à même de constater que le geste qu'on pose aujourd'hui est un geste de grande importance pour la communauté arménienne, pour nos concitoyens. Et, de voir qu'on le fait aujourd'hui dans un esprit d'unanimité et de collaboration, je pense que la communauté va l'apprécier grandement. Et on a procédé aujourd'hui... on va procéder dans quelques minutes à l'adoption du principe du projet de loi n° 194. Il nous reste évidemment d'autres étapes à franchir d'ici l'adoption finale, mais je pense que le contexte des interventions d'aujourd'hui démontre clairement qu'on peut s'attendre à avoir une unanimité autour du projet de loi de la part de l'opposition officielle, de la part des députés indépendants. Et je souhaite qu'on puisse procéder le plus rapidement possible à l'adoption finale du projet de loi n° 194, Loi proclamant le Jour commémoratif du génocide arménien. Merci, M. le Président. Mise aux voix Le Vice-Président (M. Sirros): Merci beaucoup, M. le député de l'Acadie. Et permettez-moi tout simplement de vous dire que c'est avec satisfaction que je vous demande si le principe de ce projet de loi est adopté. Des voix: Adopté. Le Vice-Président (M. Sirros): Adopté. Alors, le principe de ce projet de loi est adopté. M. le leader du gouvernement. Edited November 28, 2003 by Fadix Quote Link to comment Share on other sites More sharing options...
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